Interview
Julien Simon : « Le Tour, c'est vraiment de la folie ! »
Par Sébastien Warègne
Publiée le 04/07/2012 à 02:30
Avec deux victoires en World Tour, sur le Tour de Catalogne, Julien Simon est l’un des coureurs français qui a marqué de début de saison. Jusque là très discret, le coureur de la Saur-Sojasun explose en cette saison 2012 et découvre, à 26 ans, le Tour de France. Et forcément, il était attendu au tournant. Après quatre jours de course, et deux étapes taillées pour lui, à Serraing et Boulogne-sur-Mer, Julien Simon fait le point avec Cyclism’Actu. Hélas, son début de Grande-Boucle est placé sous le signe de la frustration. Victime d’une chute dimanche, le puncheur de la Saur-Sojasun n’a pas pu s’exprimer à sa juste valeur et attends des jours meilleurs. Après la malchance, vient la réussite ! Plus motivé que jamais, Julien Simon reste réaliste, le Tour est la course la plus dure et la plus convoitée au monde. La pression et le stress font partis du quotidien et l’importance des médias et démultiplié. Bref, le Tour est un monde à part comparable à aucune autre course du calendrier. Julien Simon, et ses 4 victoires en 2012, est émerveillé et ne cache pas son plaisir d’en faire partie même s’il n’est pas au top physiquement. Sur la table de massage, Julien se livre et raconte son début de Tour de France.
Julien, vous êtes tombé en début de Tour, vous n’avez donc pas pu jouer votre carte sur ces premières arrivées… Aujourd’hui, comment allez-vous ?
En ce début de Tour, je ne suis pas maximum car j’ai chuté dimanche lors de l’étape qui nous menait à Serraing. Après ce genre d’évènements, il faut toujours quelques jours pour se remettre en jambes. Quand on roule au train, ça se passe toujours bien, mais quand le peloton visse, je sens que je ne suis pas à 100%... Je ne perds pas le moral pour autant, le Tour de France c’est long ! Il y a 3 semaines, 21 étapes, j’ai le temps de me refaire. J’attends des jours meilleurs !
Mis à part votre chute, comment se sont passés ces premiers jours ?
Il y avait deux étapes pour puncheurs, qui me convenaient parfaitement, mais ça ne m’a, hélas, pas sourit. Mais je reste réaliste. Je dispute mon premier Tour de France, je suis la pour découvrir, apprendre, il faut donc relativiser. C’est une course où tout est surdimensionné et beaucoup plus difficile que n’importe quelle autre ! Au général, je n’ai aucune ambition, je suis là pour aider Jérôme Coppel. J’essaye donc de rester à ses côtés le plus souvent et le plus longtemps possible. Avec ma chute, mon manque d’expérience et mon rôle dans l’équipe, je savais que ça allait être compliqué de rivaliser avec les meilleurs…
« Je ne peux pas cacher ma frustration »
On vous sent un peu déçu…Sur le Tour, tout le monde aura des jours moins bons... Je me motive en me disant que j’ai eu part ces premiers jours. J’espère que les bons jours vont arriver et que j’aurai de la réussite sur ses deux semaines et demies restantes. Je découvre la Grande-Boucle, je suis très heureux d’être là, très motivé, mais ce n’est pas facile pour autant. Je l’avoue, je suis déçu de ces premiers jours de course. J’espérais mieux. J’aime jouer les premiers rôles et quand ça ne se passe pas comme prévu, je ne peux pas cacher ma frustration. Je n’ai, pour le moment, pas pu m’exprimer correctement… J’espère que mes jambes vont bien supporter l’enchaînement des étapes et que la roue va tourner en ma faveur. Je suis pressé de savoir quelles sont mes capacités de récupération et même si je suis déçu de ces premiers jours, je garde ma motivation et ma confiance. Je pense qu’il y a encore plusieurs étapes qui peuvent me convenir et où j’ai des chances de bien figurer dans le classement et, bien sûr, pour aider Jérôme Coppel du mieux possible.
Vous parlez beaucoup d’aider Jérôme Coppel, pourrez-vous, malgré tout, jouer votre carte personnelle ?
Mon rôle principal c’est d’aider Jérôme. Quand je pourrais, quand je saurais, je l'aiderais. Cependant, si une réelle opportunité se présente, j'essayerai de la saisir. Par exemple, si on arrive au sprint en petit comité, c’est quelque chose qui me convient bien, je pourrais tenter ma chance. Je pourrai alors jouer ma carte mais je n’ai pas envie de tirer des plans sur la comète. Je fais le Tour, au jour le jour. Après chaque étape, je ferais le point, voir ce qui s’est bien passé ou non. Une fois que j’ai fait le bilan de la journée, je penserai à la suivante. Je pense que c'est qu'il y a de mieux à faire car cette première semaine est très difficile nerveusement. Il y a des chutes, des cassures, ça frotte beaucoup... Il faut être vigilent en permanence ! On va essayer de limiter au mieux et comme je l'ai dis, dès qu'il y aura une ouverture, je la prendrais !
« Je vais courir au jour le jour »
Après les arrivées à Serraing et à Boulogne-sur-Mer, quelles sont les autres étapes que vous avez cochées ?
Il y a une étape qui me plait bien et qu’on j'ai été reconnaitre, c’est celle de Porentruy, le dimanche 8 juillet. Normalement, elle devrait sourire soit à une échappée soit à un puncheur ! Après, il y en a pas mal d’autres et je ne me fixe pas uniquement sur cette étape même si elle me plait beaucoup. Quitte à me répéter, je vais courir au jour le jour ! Je finirai, j’en suis sûr, par faire un bon résultat sur une étape.
Le Tour de France fait rêver tous les coureurs, comment abordez-vous votre première participation ?
Effectivement, c'est mon premier Tour de France et je dois avouer que c'est vraiment une course énorme. Ici, tout est disproportionné surtout pour ce qui est de la presse. Je n’avais jamais vu autant de journaliste au départ ou à l’arrivée de chaque étape. C’est un truc de fou ! C’est assez pesant… Pour être honnête, cela m’impressionne beaucoup. Même les spectateurs sur le bord des routes, je n’en avais jamais vu autant ! Normalement, le lundi ou le mardi, les gens travaillent, mais non, les routes sont bondées de monde ! Le Tour, c’est vraiment de la folie, c’est impressionnant et c’est surement ce qui rajoute un peu de stress à tout le peloton. Médiatiquement, le Tour c’est énorme ! Avec tout de stress, tout le monde veut courir devant, ça frotte pour garde sa place et, du coup, il y a encore plus de chutes. Ce que je retiens et qui me donne vraiment le moral c’est que je m’acclimate bien à cet environnement. Petit à petit, je me sens à ma place et c’est ce qu’il faut retenir. Au début, pourtant, ce n’était pas gagné…
« On commence à s'habituer au niveau World Tour »
On a l'impression que cette année chez Saur Sojasun, on peut faire quelque chose...
Cette année, nous avons une bonne équipe. Nous avons tous bien progressé et c'est clair qu'on devrait tous pouvoir tirer un jour notre épingle du jeu. De plus, au général, nous avons aussi la carte Jérôme Coppel. Chaque jour, il sera encore mieux ! Depuis quelques mois, on commence à s'habituer au niveau World Tour. Donc c'est clair, on peut et on va essayer de conclure ça par des résultats, si possible le gain d’une étape. Sans oublier, le classement général ou nous visons le top 10. De toute façon, il n'y a pas de raison que cela ne se passe pas bien. Depuis le début de saison, on est tous très en jambes.
Depuis votre arrivée au sein de cette équipe, vous progressez mais en 2012 on a l’impression que vous explosez, non ?
Chaque année, je progresse et j'ai de moins en moins de pépins physiques. Forcément, ça joue énormément sur mes résultats et sur ma marche en avant. Cet hiver, j'ai vraiment bien travaillé et cela m'a permis de faire un bon début de saison. Après, le Tour c'est autre chose, c'est différent, même si au début de la saison cela s'est bien passé pour moi cela ne signifie pas tout. Il faut continuer de se battre et sur le Tour plus qu’ailleurs !
« Faire quelque chose sur ce Tour ! »
Après 4 jours de course, quel est votre meilleur souvenir ?
Pour le moment, c’est, sans aucun doute, la montée de la Citadelle de Namur, lundi. Il y avait vraiment beaucoup de monde par rapport à ce que j’ai déjà connu sur le Grand Prix de Wallonie. Pour l’anecdote, on l’a monté assez vite, à un bon train, et ça m’a fait du bien de la monter avec autant de spectateurs, cette chaleur et cette ambiance. C’est vraiment une ascension que j’affectionne et qui me le rend toujours bien.
A parler de la Citadelle de Namur, vous en oublierez presque vos petits soucis de début de Tour…
C'est vrai, je retrouve le sourire ! Ce sont de bons souvenirs, ça fait du bien et ça me motive pour la suite. Le Grand Prix de Namur me convient vraiment bien et j'y ai déjà fait de très bonnes performances. Quand nous y sommes passés cela m'a fait quelque chose. Si j'ai toujours une bonne motivation en fin de saison, j'irai pour y faire un bon résultat. C'est une course où je pourrai sans doute me mettre en avant. La saison est longue et nous n’y sommes pas encore mais c'est déjà présent dans ma tête. Mais avant ça il faut faire quelque chose sur ce Tour !
Propos recueillis par Sébastien WAREGNE (Avec Alexandre ROLIN).
Photos : Sirotti


















Commentaires
Julien Simon peut cocher Annonay mais il ne sera pas le seul.vendest : il y a 318 jours
Il faut y coire et travailler et encore travailler.Il n'a pas manqué grand chose à ST Quentin.ALLEZ LA SAURpouet-pouet : il y a 320 jours
JULIEN, les jours meilleurs sont à venir, ne te démoralise pas!Julien tu es le meilleur!nini : il y a 320 jours
@Poulain Je ne sais pas pour kevin, mais une chose est certaine, des personnes connaissent des troubles d'écriture, soit pour se rappeler la bonne écriture d'un mot, soit pour les règles d'accord, ou pour les 2. Ces difficultés ne sont pas nécessairement un manque de volonté, ou d'effort... alors avant de juger publiquement, réfléchis à 2 fois stp. Merci !amateur de cyclisme : il y a 322 jours
@Kevin : Par contre le Bescherelle t'as mis 10 minutes dans la vue ! Faites un effort bon sang, ça ne coûte rien de bien écrire les mots, en les associant à une bonne grammaire.Poulain : il y a 322 jours
Effectivement il y a Sagan qui vise les mêmes arrivées donc ça va être compliqué, mais il peut se fier à des échappées typique de Chavanel, Voeckler (quand il ira mieux), Casar, et Roy s'il apprend à temporiser.bob_bouh : il y a 322 jours
Julien SIMON est un des meilleurs français : top 5 (tout profil confondu). Il a des circonstances de courses négatives depuis dimanche mais ça va venir... qu'il tente sa chance au bon moment !biber : il y a 322 jours
MERCI ! J'adore ce genre de témoignage ...Hans : il y a 322 jours
Faut pas qu'il reves il oré pa battu sagan !kevin : il y a 322 jours
Julien à l'air d'être une personne qui garde les pieds sur terre et cela fait vraiment plaisir de le lire!Pat : il y a 322 jours
Allez Julien,il reste encore pleins d'étapes!la chance va tourner!lol35 : il y a 322 jours
En effet l'étape de Porrentuy peut lui aller.nicoportal : il y a 323 jours
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